Ÿuma : poussières d’étoiles à l’Institut du Monde Arabe

En août, nous vous parlions de Poussières d’Etoiles, second album du duo tunisien Ÿuma. Samedi soir, les deux artistes faisaient escale à l’Institut du Monde Arabe, à Paris, à l’occasion d’un week-end dédié à la Tunisie. Retour sur un concert à la poésie généreusement délicieuse…

Sur la scène de l’auditorium, Sabrine Jenhani et Ramy Zoghlami ont ouvert le bal, avec la sobriété qui les caractérise, tout en simplicité. Elle, lui, deux voix, une guitare. Ni plus, ni moins, car l’un et l’autre se suffisent à eux-mêmes, pour défendre ce voyage poétique. Il est la terre, quand elle est le ciel. Si la voix de Ramy nous ancre dans le sol, nous enracine et nous émeut au plus profond, celle de Sabrine convoque le céleste, dès qu’elle s’échappe dans de sublimes envolées. Là est tout leur équilibre. Là où leurs voix se rencontrent s’ouvrent les portes d’un univers musical au vaste horizon, où s’entremêlent les influences.

A deux, leur complicité est sublime. La délicatesse de leur proposition artistique enveloppe le public dans une bulle. Plus tard, ils sont rejoints, à la batterie, par Jean-Marie Nivaigne. Cette formation, en trio, fait prendre un premier virage au concert. Le son devient alors plus percutant, le public prend davantage part à ce qui se joue sur scène. Après l’entrée en matière, en duo guitare-voix, on apprécie de voir leurs différents titres prendre plus d’envergure. Plus tard, Nidhal Jaoua les rejoint sur scène avec son kanoun. En quatuor, Ÿuma s’envole, toute voile dehors.

Tout au long du concert, on se délecte de voir s’entremêler les morceaux de Poussières d’Etoiles puis de Chura, leur premier opus. Liya Snin, très attendue, tient toutes ses promesses. Desert blues et trip hop s’enchevêtrent dans leur folk, en brouillant les lignes, ou plus encore, en dessinant les leurs, comme en témoigne l’excellente Hleli. Khallini Chwaya, dont le clip a été tourné dans les forêts bretonnes, révèle sa plus belle palette de couleurs, en passant de la toile au live.

Peu avant de finir le concert, Nghir Alik, l’un des titres les plus connus, vient envahir l’auditorium. Tout est là. Leur poésie, la délicatesse de leur son, l’émotion profonde suscitée par la réunion de leurs voix, sans artifice, sans superflu. Rien que ce diamant brut, si élégant, infiniment sincère…

Sur la scène de l’Institut du Monde Arabe, Ÿuma a tenu toutes ses promesses, en prouvant, si tant est que cela était encore nécessaire, que leur duo était désormais un incontournable de la scène tunisienne !

 

Laisser un commentaire