Le Musée des Arts Forains et son Festival du Merveilleux : un joyau pour réveiller nos âmes d’enfants

Depuis le 26 décembre et jusqu’à aujourd’hui, le Festival du Merveilleux célébrait sa dixième édition. Événement phare du Musée des Arts Forains, le festival a, une nouvelle fois, accueilli petits et grands dans son écrin unique propice à l’émerveillement et à la convivialité.

À peine entré dans l’antre du musée, le visiteur est transporté. Chaque objet, chaque décor, convoque une atmosphère toute particulière, un voyage dans le temps, là où les yeux, peu importe l’âge, s’ouvrent en grand et s’extasient. Ca et là, les jeunes enfants, et plus encore les moins jeunes, se photographient dans des décors aux silhouettes toutes plus farfelues les unes que les autres. Plus loin, on s’amuse autour des jeux de palets en bois. Autour des courses de chevaux ou de garçons de café, l’ambiance est survoltée ! Une dizaine de joueurs est installée : chacun lance, face à lui, une balle qui, selon la couleur du trou dans lequel elle tombe, fait avancer son cheval ou son garçon de café. Sous les encouragements du public, et avec les commentaires débordants d’humour des animateurs, les participants déploient toute leur énergie pour finir la course en tête ! L’une des attractions phares du musée demeure cet incroyable manège à vélo, constamment pris d’assaut. Ici, pas le temps de se prélasser. Si l’on veut que le manège s’élance, c’est à la force des jambes qu’il faut y aller ! Alors d’un même mouvement, tous les participants se mettent à pédaler jusqu’à faire tourner le manège dans une ambiance joyeusement bon enfant.

Dans le cadre du Festival du Merveilleux, différents spectacles se sont succédés. Ainsi, dans les salons vénitiens, le public a pu découvrir d’étonnants chants mongols, surprenants pour les oreilles peu habituées à ces sonorités. Plus loin, il pouvait aussi s’émerveiller devant un spectacle de tissu aérien.

Mais ce festival nous a surtout donné l’opportunité de recroiser la route d’Ibrahim Hassan, interviewé aux Médiévales de Bayeux en juillet 2018 (interview ici). C’est la troisième année consécutive que l’incroyable danseur Tanoura se produit sur la scène du festival. Comme chaque année, et à chacune de ses prestations, un public nombreux est massé devant la scène, bien avant qu’il ne fasse son entrée. Dès qu’il s’élance, le public est en ébullition, renvoyant à l’artiste l’énergie qu’il lui offre. Avec Ibrahim Hassan, tout est une histoire de partage : à mesure qu’il tourne, dans des circonvolutions vertigineuses, l’air se gonfle d’une électricité et d’une énergie surprenantes, palpables. Résumer le travail d’Ibrahim Hassan n’est pas chose facile. Certains diront simplement qu’il tourne sur lui-même, dans un effort physique étonnant. Mais finalement, à chacun de ses tours, Ibrahim nous conte une histoire, nous ouvre les portes d’un monde aux couleurs chatoyantes, dans lequel il nous emporte dans une course folle qui nous laissera, à la fin, plus haletants que lui-même. Ibrahim et sa danse sont l’illustration parfaite du « merveilleux », de ces instants un peu magiques qui nous échappent, de ces lumières qui viennent scintiller au creux des yeux de chacun. Plus il tourne, plus il semble quitter le sol, la vitesse de ses rotations frôlant l’impensable. Et plus il tourne, et plus c’est nous qui nous éloignons du sol. Avec Ibrahim Hassan, c’est une constante : le voyage est toujours partagé, les émotions et l’énergie sont faites pour se répondre, pour circuler, sans fin…Loin d’être seulement une performance physique, la Tanoura d’Ibrahim Hassan est une pause dans l’espace-temps, un mirage éblouissant, dans lequel, en tournant sur lui-même, il nous convie à une valse fabuleuse à la saveur si particulière et dont l’écho se poursuit bien après son dernier tour…

Fallait-il être un peu fou, pour créer et faire vivre un lieu pareil ? Fallait-il être sacrément passionné pour y créer un festival et y faire venir chaque année une foule de spectateurs curieux, attentifs, et amusés ? Le Musée des Arts Forains et son Festival du Merveilleux font partis de ces joyaux qui, par magie, redonnent à chaque adulte son âme d’enfant. À la sortie, on vous le garantie : tous avaient les yeux plus brillants qu’à l’arrivée !

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