Une nouvelle édition réussie pour Fous d’Histoire à Compiègne !

Après deux ans d’absence dues à la crise sanitaire, le salon Fous d’Histoire, organisé par l’Association pour l’Histoire Vivante, faisait fièrement son retour ce week-end à Compiègne. Compagnies de spectacle vivant, artisans et public étaient au rendez-vous une nouvelle fois pour cet événement très attendu !

Dans le bâtiment principal, comme chaque année, des dizaines de compagnies ont installé leurs stands, pour promouvoir leur travail et leurs différentes créations, teasers et costumes à l’appui. Au détour du dédale d’allées, la compagnie Aouta, dont les costumes du spectacle Macabra ornent fièrement tout le stand, laisse entendre les sonorités entremêlées d’une percussion et d’une viole de gambe, petit son feutré joué par les deux musiciens, sous le regard de la danseuse de la compagnie, que l’on attrape au vol, mais dont la spontanéité incarne si bien la richesse de ce salon.

Parmi les compagnies présentes, certaines se sont produites sur les différentes scènes de Fous d’Histoire. Bien habitués du Salon, Sembadelle a présenté samedi la nouvelle version de leur déambulation théâtrale L’Hospice ambulant, pour laquelle la compagnie a remporté un nouveau prix, saluant leur travail toujours extrêmement abouti. Dimanche, sur la scène principale, les truculents Belli Mercator ont régalé leur auditoire avec un extrait de leur spectacle Les Marchands de guerre, conçu en plusieurs épisodes. Avec toute leur verve, leur énergie et leur délicieuse spontanéité, ils nous ont conté la bataille de Poitiers. Comme à leur habitude, leur théâtre, toujours si vif, intelligemment pensé et si bien incarné, a fait mouche et a conquis le public présent. La compagnie Karabas a également présenté un extrait de sa nouvelle création, Princesses !. Deux princesses en fuite tentent d’échapper au sbire du roi, qui souhaite en marier une, et noyer l’autre. Tout un programme ! Avec une belle dose d’humour et un second degré tout aussi affuté, les trois artistes ont donné un bel aperçu de cette création, qu’on espère voir prochainement dans sa version intégrale tant cet extrait, plein de promesses, nous a laissé sur un goût de trop peu.

Dans la programmation, de nombreux groupes de musique étaient attendus. Ainsi, après un premier concert pluvieux pour ouvrir le bal de la journée, Rhesus, récompensé la veille par le Petit coup de cœur dans la catégorie « musique, danse et théâtre », a donné rendez-vous au public sous le chapiteau pour un concert sur scène, en version amplifiée. Si, en rue, Rhesus est déjà puissant, dans cette formule, il se transforme en tornade d’énergie, qui nous attire à elle, sans pouvoir y échapper. Même entre les musiciens, leur complicité et leur envie d’en découdre semblent décuplées. Sur scène, ils s’amusent, et jouent autant pour eux que nous. Et c’est peut-être là la meilleure manière d’envisager un live. Cela joue fort, c’est aussi brut que festif. Leur musique nous attrape, vient convoquer nos corps dans la mêlée, jusqu’à nous faire danser joyeusement à leur écoute, dans cette énergie collective et partagée qu’on a tant de plaisir à retrouver.

En fin de journée, Les Aboyeurs ont présenté leur spectacle enfiévré sur cette même scène du chapiteau. Dans ce trio, trois forces vives se conjuguent, la fine plume et les percussions, la cornemuse tonitruante et fascinante, et la dextérité captivante du jongleur, à la présence magnétique. À les voir sur scène, on s’impatiente déjà du jour où nous pourrons les retrouver sur les pavés, tant leur proposition artistique est naturellement faite pour endiabler les rues.

Cette année, dans les allées de Fous d’Histoire, flottait un parfum nouveau, celui des retrouvailles. Retrouvailles entre les compagnies qui, en temps normal, ne cessent de se croiser au fil des fêtes, retrouvailles entre un public curieux venu s’abreuver de découvertes artistiques et des artistes prêts à offrir toute l’énergie contenue durant les longs mois où on les a jugés non essentiels. Et même s’il est frustrant de n’assister qu’à des extraits de spectacle, on ne peut que saluer l’intérêt de ce Salon où le spectacle vivant historique fait étalage de tous les trésors qu’il contient, de toutes les propositions artistiques aussi variées qu’exigeantes dont il regorge. Peut-être est-ce parce qu’on en a été privé trop longtemps, mais cette édition 2021 de Fous d’Histoire à Compiègne aura rendu cette profusion d’artistes, de spectacles et d’émotions plus riche, passionnante et nécessaire qu’aucune autre auparavant.

 

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