Rhesus dévoile son nouvel album, “Anthektikotita” !

Après un premier opus sorti en 2018, Rhesus, groupe de musique néo-médiévale, est de retour en ce printemps 2022 avec un nouvel album intitulé Anthektikotita ou « Résilience », en grec, dont Luc Arbogast a signé les magnifiques illustrations de la pochette.

Pour Rhesus, cet album est celui de l’après-Covid, initié en pleine période de pandémie, comme l’explique Mich, sonneur du groupe. « Lors du premier confinement, nous avons commencé à créer des choses, des lignes mélodiques, des styles, des rythmes s’inspirant de l’univers de chacun.  Celui qui avait une idée la partageait avec les autres. Chacun chez soi et de fil en aiguille, les morceaux se sont construits ».

De ce travail collectif résultent onze morceaux, dont sept compositions, trois morceaux traditionnels que Rhesus a arrangés à ses couleurs et une reprise. Mich raconte le processus de création de cet album : « Je m’occupais plutôt des mélodies et harmoniques, une fois que c’était fait, Chris s’occupait de la rythmique et André des cordes. Chaque musicien ramène sa pierre à l’édifice. Même si les arrangements sont écrits au départ, les musiciens du groupe sont assez libres de rajouter des contrechants ou d’autres voix, à partir du moment où tout le monde adhère à la proposition artistique ».

D’un bout à l’autre de l’album, l’univers musical de Rhesus s’affirme, à travers un son puissant, des rythmes soutenus. « Nous avions pris pour habitude de réarranger des morceaux qui existaient déjà. L’idée de faire un album de compositions nous est venue car il fallait que l’on trouve notre propre identité, avec un son et un style qui nous sont propres ». Avec cet album, Rhesus hisse les couleurs d’un univers musical saisissant, qui tient plus à l’énergie d’une mer démontée en pleine tempête qu’à un rivage serein. Les artistes prennent également le parti de morceaux courts, aucun d’entre eux n’excédant trois minutes. « Au fil des années, nous nous sommes rendus compte que pour capter le public, il fallait vite changer et créer l’envie d’en entendre plus ». Anthektikotita résulte de cette expérience du live, du jeu en rue, au sein des fêtes médiévales que Rhesus arpente depuis des années. Ce choix dans les compositions donne à leur univers musical quelque chose d’incisif, de percutant.

L’album s’ouvre sur Pochrismok, qui s’inscrit dans la lignée du précédent opus, avec son énergie débordante. Chez Rhesus, l’alliance d’instruments au son puissant, la tarota d’Ol, les chalumines de Val et Sandrine et la cornemuse de Mich rendent leurs morceaux tonitruants. Le duo rythmique, avec Toto au davul et Chris au tambour et percussions, contribue à la solidité de chacun des titres, comme l’atteste le morceau Prince. C’est cet alliage qui fait de Rhesus un groupe que l’on reconnait, que l’on entend de loin, dans les fêtes dans lesquelles ils se produisent. Toutefois, Anthektikotita évite l’écueil de s’appuyer uniquement sur cette combinaison efficace, mais qui, parfois, connaît peu de nuances dans la puissance qu’elle envoie. Ici, Rhesus fait le choix de créer davantage de respirations, avec l’apport des cordes d’André et de Thom. Dès le second morceau, Atrebatia, le bouzouki et le luth viennent apporter d’autres couleurs musicales dans la palette du groupe, créant ainsi plus de liens entre les différents instruments.

Les influences de Rhesus sont variées et vont puiser dans plusieurs sphères. « Nos compositions sonnent un peu comme un OVNI, nous gardons l’esprit des fêtes médiévales avec un mélange de genres. Entre oriental, pop, rock, breton … ». Sur cet album, Orientes se fait l’écho de Et Via Orientes, présent sur le précédent opus. Le son hypnotique de la tarota et des chalumines transportent vers d’autres univers. Sur Chorus, on apprécie d’entendre le son du bouzouki, dès l’ouverture, alors que le morceau monte en puissance, jusqu’à atteindre son climax et de retrouver le rythme frénétique qui caractérise les morceaux de Rhesus.

Rhesus est l’un des morceaux les plus efficaces de cet album, et celui qui, comme son nom semble le sous-entendre, résume à lui seul cette identité musicale que les artistes se sont employés à créer. Alors que les cordes s’emballent, que les percussions s’élancent, l’ensemble tarota, chalumines, cornemuse fait naître ce son débordant de vie, plein de circonvolutions, qui termine de nous embarquer dans l’œil du cyclone et de ses tourbillons. Sur le dernier morceau, véritable OVNI de l’album, des nappes puissantes viennent s’ajouter aux instruments habituels, comme une dernière pirouette, un dernier coup d’accélérateur, avant de quitter la piste.

Avec ce nouvel album, Rhesus confirme la ligne directrice de son univers musical. Même si nous sommes peu convaincus par les atmosphères sonores ajoutées sur plusieurs morceaux de l’album, comme la pluie, l’orage, ou encore l’extrait sur les Spartiates, l’ensemble d’Anthektikotita est cohérent du début à la fin. Plus encore que les compositions en elles-mêmes, Rhesus s’affirme comme un vrai groupe de live, jusque dans l’enregistrement de ces titres. « Pour la deuxième fois (déjà l’album Rhesus), nous avons enregistré en live, c’est-à-dire tous dans la même pièce. Nous nous sommes rendus compte que l’énergie n’est pas la même. L’album, de par le son et le dynamisme, ressemble vraiment à ce que les gens peuvent entendre en live. Nous ne sommes pas des musiciens de studio à jouer chacun dans une cabine. Par contre, cela implique une rigueur en amont. Beaucoup de travail, de répétitions…Le premier qui se trompe à l’enregistrement fait recommencer tout le groupe. C’est Nicolas Gardel, notre sonorisateur, qui a eu cette idée. Il y a vraiment beaucoup de micros installés partout pour capter les ambiances qui du coup sont aussi importantes que les prises directes instruments ». Et à la découverte de cet album, cette caractéristique est palpable. À l’écoute de Memento, qu’ils jouent souvent en live, la comparaison se fait instinctivement. L’énergie survoltée déployée lors des concerts se retrouve précisément dans le son de cet album. En fermant les yeux, on s’y tromperait presque… Peut-être est-ce là l’essence même de l’identité de Rhesus ? Être un groupe qui existe avant tout par le live, et qui l’emporte avec lui dans les moindres recoins de sa musique…

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